Né en 1970 à Lille, Grégory Cox enseigne alternativement l’espagnol et la philosophie en classe de terminale. Il mène de front une activité littéraire qui s’est concrétisée par la publication d’un premier roman intitulé Badcall, l’île des somnambules puis d’un second, Cuba post mortem aux éditions L’Harmattan. Tous deux, comme le troisième en préparation, entremêlent les destins individuels et la réalité politique d’une nation et concourent par ailleurs à déployer une littérature de l’attente propice à l’intérêt porté aux signes et au chant du désir.

 

Cuba post mortem

L’annonce du décès de Fidel Castro résonne comme un coup de tonnerre. Il a été aussitôt décidé que ses cendres traverseraient Cuba. Dans le sillage du convoi, il entraîne des partisans, comme Chutek. Aux côtés de ses petits-enfants, il remonte le temps et recouvre par là même une inexplicable jeunesse qu’il ne se gêne pas de mettre à profit.

Mais cette disparition en pousse d’autres à quitter l’île comme Odalys, qui risque sa vie pour rejoindre son frère, lequel l’attend avec une tragique impatience à Miami.

Neuf jours de deuil national c’est long pour qui pâtit des restrictions qui les accompagnent, comme César Mendoza, sommé d’interrompre le tournage de son film,  donnant pourtant à son acteur fétiche toute latitude pour incarner au mieux son rôle de serial killer.

C’est le temps qu’expérimenteront aussi des touristes distraits piégés dans les grottes de Bellamar. Que leur enseigne l’isolement et les ténèbres d’un tel lieu et ce, dans l’ignorance totale de ce qui agite Cuba en surface ?