Plus jeune juge de France, Isabelle Rome n’a que 23 ans lorsqu’elle est nommée juge de l’application des peines à Lyon et où elle s’implique dans plusieurs associations et actions de prévention de la délinquance.

Aujourd’hui haute fonctionnaire à l’égalité entre les femmes et les hommes, elle a occupé diverses fonctions pénales, présidé des cours d’assises et a servi en cabinet ministériel.

 

Vous êtes naïve, Madame le Juge

« Vous êtes naïve, Madame le Juge ! » Voilà l’apostrophe d’un commissaire de police à Isabelle Rome alors jeune juge d’application des peines (JAP). Coupable, à ses yeux, d’avoir accordé trop légèrement une liberté conditionnelle, elle ne cessera pourtant jamais de considérer les criminels comme des êtres humains.

Son témoignage est une véritable immersion dans le quotidien d’un juge. On a rarement eu accès, en effet, au face-à-face intime d’un magistrat avec détenus et victimes. Dans cette galerie de portraits – qui, la défendant ou la défiant, sont autant de visages de la justice – Isabelle Rome évoque même les doutes qui l’ont parfois habitée. Ici le meurtrier d’une jeune femme, là un enfant violenté le jour de Noël. Ou encore le criminel nazi Klaus Barbie en prison VIP, qui voulait une grâce médicale, et le terroriste longtemps recherché par toutes les polices du monde, Khaled Kelkal…

C’est, en fait, toute la question du sens que la société veut donner à la sanction qui se trouve au coeur de ce récit, comme le souligne Boris Cyrulnik dans sa Préface : « Que ressent un juge quand il doit juger une mère infanticide qui a tué un enfant du même âge que le sien ? « 

Punir autrement que par l’incarcération systématique, continuer de traiter les mineurs comme des enfants même s’ils ont commis un délit : autant de pistes de réflexion qu’Isabelle Rome propose et défend sans détour.