Plus jeune juge de France, Isabelle Rome n’a que 23 ans lorsqu’elle est nommée juge de l’application des peines à Lyon et où elle s’implique dans plusieurs associations et actions de prévention de la délinquance.

Aujourd’hui haute fonctionnaire à l’égalité entre les femmes et les hommes, elle a occupé diverses fonctions pénales, présidé des cours d’assises et a servi en cabinet ministériel.

 

Plaidoyer pour un droit à l’espoir

Aujourd’hui haute fonctionnaire chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes au Ministère de la justice, Isabelle Rome présidait encore très récemment des cours d’assises. Depuis trente ans, cette juge s’est engagée pour les droits des femmes, la prévention de la délinquance et la réinsertion. Elle n’a eu de cesse de comprendre les causes des passages à l’acte criminel et a noué un dialogue singulier avec ceux que l’on appelle souvent  » les jeunes des banlieues « . A l’heure où la France est secouée par la vague noire du terrorisme, ces derniers – majoritairement français, musulmans, nés de parents étrangers – sont aujourd’hui propulsés à la croisée de notre méfiance et de nos peurs. Sont-ils en réalité si différents des autres ? Ne doivent-ils pas, eux aussi, vivre et se projeter dans l’avenir au sein d’une société en crise ? A Creil, Isabelle Rome a voulu donner la parole à ceux qui, souvent, se sentent exclus ou stigmatisés. Elle a aussi interrogé les adultes qui les entourent au quotidien et croient en eux. Des professionnels souvent  » invisibles que sont les chefs d’établissements scolaires, les personnels éducatifs, culturels ou associatifs, élus locaux… A l’issue d’un travail minutieux et très documenté, structuré autour de dix axes comme le sentiment d’appartenance sociale, la perception de la loi et des valeurs républicaines, le fait religieux et la laïcité ou encore la place des filles et le respect des droits des femmes, Isabelle Rome nous propose des pistes de réflexion originales et audacieuses qui nous permettent d’espérer encore. Et c’est à l’instauration d’un nouveau droit fondamental qu’elle invite, in fine, notre société : celui du droit à l’espoir pour tous.