Jean-François ZIMMERMANN

Après des études secondaires écourtées par la brutale disparition de son père, il travaille en tant que pigiste dans une agence parisienne de documentation de presse. Il poursuit cette activité en Bretagne en collaborant avec plusieurs revues ainsi qu’avec le quotidien Ouest-France dont il devient correspondant de presse. Éclectique et curieux de tout, il apprend l’art de la photographie avec Robert Doisneau. Ses images font l’objet de plusieurs expositions et certaines d’entre elles sont primées lors de concours internationaux. Il s’initie au pilotage automobile avec Jean-Pierre Beltoise et, au sein de l’Écurie Bretagne, effectue trois saisons de rallye.
Il voyage beaucoup, Amérique latine et Afrique, se ressource dans les sables sahariens et nourrit ainsi son imaginaire. Nouvelliste, il participe à différents concours dont il est souvent l’heureux lauréat.
En 2007, il décide de consacrer l’essentiel de son temps à l’écriture et passe alors du texte court au roman.
Passionné d’Histoire, son univers de fiction rejoint celle-ci pour tricoter des intrigues dont la première se situe au Moyen Âge et les suivantes sous l’Ancien Régime, au 17ème siècle. Il publie aux éditions De Borée en 2018 son septième roman.
Il vit désormais dans la région lilloise et participe à la vie littéraire et culturelle de la région Hauts-de-France.
Outre ses activités d’écriture, il donne des conférences et anime des débats traitant du rapport étroit existant entre le roman historique et l’Histoire, défendant ainsi sa vision du roman historique dans sa pure tradition.

Le Roi des Halles

François de Vendôme, duc de Beaufort et petit-fils d’Henri IV, croupit dans la geôle froide et humide de la tour d’en-bas de la forteresse de Pignerol. Il a été incarcéré au cours de l’été 1669, sans jugement, sans lettre de cachet et sans motif signifié. Un autre gentilhomme d’exception s’y trouve déjà depuis quatre ans : le surintendant Nicolas Fouquet. Peu de temps après, un troisième personnage les rejoint : le comte de Lauzun. Tous trois ne rêvent que d’évasion. Selon la version officielle, le duc de Beaufort, Amiral de France, surnommé « le roi des Halles », serait mort en héros à Candie lors d’un violent affrontement contre les Turcs. Mais le voilà mis au secret le plus absolu. Sa cellule est close de trois portes. De l’unique fenêtre, il ne peut apercevoir que le ciel. En dehors de son geôlier, le gouverneur Saint-Mars pour lequel il se prend d’amitié, il ne peut parler avec personne et est contraint de dissimuler son visage d’un masque de velours noir. Il ignore tout des raisons de sa présence à Pignerol et ne peut que supputer détenir à son insu un secret d’état susceptible de mettre en péril la couronne royale. La cellule du duc de Beaufort est un huis-clos entre lui-même et son geôlier, Saint-Mars, où le temps est immobile. A l’insu de son gardien, il entreprend de rédiger ses mémoires à l’intention de son neveu, Philippe de Vendôme. Ses écrits vont nous révéler un personnage attachant poursuivi par la haine farouche de deux cardinaux successifs, et victime de l’absolutisme royal. Digne petit-fils d’Henri IV dont il hérite le franc-parler et la joie gourmande de vivre, il n’aura de cesse de faire valoir cette naissance qui, quoique bâtarde, n’en est pas moins davantage bourbonienne que celle de Louis XIII, fils de la florentine Médicis