Je suis née à Lille. J’ai fait toute ma carrière professionnelle à l’éducation nationale, dans la région lilloise, des classes maternelles aux préparations aux concours pour adultes en passant par l’orthophonie. J’ai été et je suis une grande dévoreuse de policiers et de romans naturalistes.

Ce qui me motive à écrire est de décrire l’évolution psychologique d’un personnage. Avant d’avoir une idée précise de ce qui va se passer, j’ai d’abord une idée du héros ou de l’héroïne sur lequel j’ai envie de me pencher. Cette évolution est rendue possible parce qu’il se passe quelque chose d’inhabituel dans sa vie, ceci m’a conduit au choix du genre « polar ». Ce genre me permet de confronter mes personnages à des situations extrêmes : affrontement avec la loi, meurtre, suicide, vengeance… ce qui autorise un changement psychologique relativement rapide, donc adapté à un roman de quelques deux cents, voire trois cents pages.

Le parti pris psychologique m’oblige tout naturellement à un traitement du récit réaliste. Ce que j’aime particulièrement. Du coup, l’action, les personnages sont ancrés dans le quotidien. Je suis particulièrement intéressée à décrire (ou à faire sentir) des milieux sociaux (atmosphère, ambiance), des vies, des passés d’où découlent des caractères et donc les motivations qui poussent des gens à franchir la barrière de l’interdit et à passer du côté sombre, celui de l’illégalité.

J’aime écrire des dialogues et mettre de l’humour dans mes récits qui tous se passent au départ dans la région Hauts-de-France.

Le vent se lève

Au début des années 70, l’après Mai 68 prend des airs de rébellion contre le vieux monde. Mico et son frère Hugo, étudiants à Lille, découvrent les mouvements contestataires, les débuts de l’écologie et des coopératives biologiques, les associations antinucléaires et antimilitaristes, la lutte des femmes pour l’égalité et l’avortement libre, les fanfares, le théâtre de rue, les chapelles d’extrême-gauche, le journal Le Clampin libéré… De son côté, Chantal s’investit dans la musique, la vie en communauté… Il n’y avait pas internet, ni téléphone portable et on vivait quasiment sans voiture, c’était une autre époque, celle d’Higelin et de Maxime Leforestier, de Mouna et de René Dumont, d’Actuel et du Larzac, du Diplodocus et des Amis de la terre, une époque formidable où les idées nouvelles faisaient leur chemin. C’était il y a près de cinquante ans.