Philippe Diest est historien, enseignant-chercheur à l’Université Catholique de Lille et chercheur-associé à l’IRHiS (Université de Lille).

Il travaille depuis une quinzaine d’années sur l’histoire du fait militaire, les liens armée-Nation, les mémoires et le patrimoine guerrier.

Son ouvrage « Le poids des infrastructures militaires, 1871-1914, Nord-Pas-de-Calais » est issu de sa thèse de doctorat soutenue en 2016 à l’Université de Picardie.

 

 

 

Le poids des infrastructures militaires, 1871-1914, Nord-Pas de Calais

 

Après la guerre franco-prussienne, les profondes réformes militaires engagées par la République imposent la construction et la modernisation de nombreux édifices pour défendre le territoire et former l’armée.

Or, le Nord et le Pas-de-Calais,désormais territoire du 1er corps d’armée, disposent d’un patrimoine guerrier conséquent. Si dans un premier temps les élus et la population soutiennent le renforcement des emprises militaires, la vie quotidienne met en évidence des relations cordiales, concurrentielles ou conflictuelles avec l’armée en fonction des infrastructures.

La quête permanente d’une diminution des contraintes et d’une optimisation des profits aboutit progressivement au discrédit de certains bâtiments et terrains, perçus comme des entraves d’un autre temps. La nécessité pour les hommes politiques de l’époque de répondre à ces doléances influence progressivement les décisions militaires, contribuant au déclassement de la frontière du Nord à la veille de la Grande Guerre