Elle signe son premier roman à 27 ans, La Vie rêvée de Mademoiselle S. (éditions Sarbacane) qui raconte la génération désenchantée des années 2000, le temps suspendu propre à l’adolescence, et rappelle la force de la poésie à transfigurer le réel. Un roman qui rencontre un premier succès auprès des libraires et du public « jeunes adultes ». En 2009, elle décide alors de vivre sa propre vie rêvée : elle quitte tout pour se consacrer à l’écriture. Elle développe des collaborations avec le spectacle vivant, en parallèle de l’écriture de romans, et écrit des textes pour la lecture à voix haute : entre autres, Cendrillon rêve de porter le niqab, Confidence publique : toutes les choses que je n’ai pas pu faire, L’Amour en R. En 2013, elle publie un nouveau roman Quarante jours après ma mort (éditions de l’Aube). Un texte polyphonique où le narrateur mort met à jour les tabous et les zones sombres d’une famille marocaine à Fès. En 2019 elle publie Les femmes sont occupées (éd. de l’Aube) qui met en scène une héroïne anonyme des temps modernes : une femme-mère au combat, avec pour fond sonore les batailles collectives actuelles (Nuit Debout, printemps arabes, affaire Weinstein, Gilets Jaunes…).

Les femmes sont occupées

« Le monde est fait pour deux catégories de personnes. Les hommes. Les femmes riches. Les autres se retirent sur la pointe des pieds en riant doucement, et en s’excusant. »

Elle doit monter une pièce de théâtre. Finir sa thèse. Lancer une machine. Régler des comptes ancestraux avec les pères et les patrons. Faire la révolution – tout en changeant la couche de Petit Chose. Au passage, casser la figure à Maman Ourse et tordre le cou à la famille idéale. Réussir les gâteaux d’anniversaire. Retrouver la Dame de secours. Croire à nouveau en l’Autre.

Comme toutes les femmes, la narratrice de ce roman est très occupée. Découvrant sur le tas sa nouvelle condition de « maman solo », elle jongle avec sa solitude sociale, sa solitude existentielle, et s’interroge sur les liens invisibles entre batailles intimes et batailles collectives.

Résolument féministe et humaniste, ce roman à la langue inventive et teintée d’humour tendre dresse le portrait poignant d’une femme qui ressemble à tant d’autres.